CLAP Marciac 2026 — En avant la musique… et la mémoire
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| Collage del CLAP Marciac 2026 con el afiche oficial y una selección de mis caricaturas realizadas durante el festival. |
🇫🇷
De retour à Barcelone après ma cinquième invitation consécutive au Festival de la caricature et du dessin de presse CLAP Marciac, pour sa 22e édition. Cette année, Romain Guyot (président de cette édition) a mis la musique au premier plan… et à Marciac, cela tombe sous le sens. Bien sûr que oui : l’une des capitales européennes du jazz. Oui, cette bastide historique du XIIIᵉ siècle d’où, les jours clairs, on devine les Pyrénées, cette frontière naturelle avec la péninsule qui est devenue mon foyer depuis l’été 2007.
Qui aurait imaginé que ce petit village gascon, des siècles après sa fondation médiévale, deviendrait un véritable épicentre musical grâce à Jean‑Louis Guilhaumon, qui en 1978 donna naissance au festival Jazz in Marciac. Depuis, la musique ne remplit pas seulement ses places et ses granges : elle façonne son identité. Cette année, nous avons même eu droit à une visite d’une exposition historique au Marciac Pôle Culturel et Touristique des Augustins. Et oui : pour apprécier un lieu, il faut l’étudier, il faut le connaître.
« En avant la musique » met la musique en tête, comme cette bande‑son qui accompagne des fragments de nos vies, comme un remède contre l’oubli, comme une mémoire qui s’écoute et se transforme en images de notre album personnel. C’est l’un des sens. Mais cette fois, notre collègue Catherine Cointe nous a rappelé la valeur des autres sens lorsque l’audition n’est pas entièrement présente… même lorsque le sujet est la musique. Car la vie possède aussi son viewtrack, relié à la mémoire, et les gestes racontent eux aussi leur histoire.
La musique, c’est comme dessiner : les images invitent notre regard à suivre le rythme et notre esprit à marquer le pas. C’est aussi un exercice de mémoire visuelle. Quand nous dessinons en direct, nous le faisons comme dans une jam session : c’est le moment d’improviser, de penser si vite que l’on ne pense plus vraiment, de se libérer si vite que l’on oublie nos inquiétudes. C’est un instant entre la personne que l’on a en face et soi‑même. Là, on comprend l’importance de ce « solfège » du dessin que nous pratiquons dans notre coin solitaire.
« En avant le dessin comme en avant la musique » : car le dessin, comme la musique, fait partie des traces que nous laissons en marchant. C’est pourquoi il est bon de regarder parfois en arrière pour se souvenir de ce que nous avons fait, de se regarder soi‑même un moment — y compris ses pieds, juste un peu, pour éviter de trébucher ou de marcher dans une crotte de chien — puis de regarder à nouveau devant. Je crois qu’ainsi, on voit plus clair… ou du moins, on essaie.
Merci pour la musique aux organisateurs ; merci au président Michel, à Christophe, à Sylvie et à tous les collaborateurs et bénévoles. Merci à mes collègues. Et merci à la France, en général, de mettre « En avant la culture ».
🇪🇸
Ya de vuelta en Barcelona, después de mi quinta invitación consecutiva al Festival de la Caricatura y Dibujo de Prensa CLAP Marciac, en su 22ª edición. Esta vez, Romain guyot (presidente de esta edición) puso la música al frente… y tratándose de Marciac, calza perfectamente. Claro que sí: si es una de las capitales del jazz en Europa. Sí, esa histórica bastida del siglo XIII desde donde, en los días claros, se adivinan los Pirineos, esa frontera natural con la península que ha sido mi hogar desde aquel verano de 2007.
Quién iba a imaginar que aquel pequeño pueblo gascón, siglos después de su fundación medieval, se convertiría en un epicentro musical gracias a Jean‑Louis Guilhaumon, quien en 1978 dio vida al festival Jazz in Marciac. Desde entonces, la música no solo llena sus plazas y sus granges: define su identidad. En esta edición tuvimos incluso un pequeño tour por una muestra histórica en el Marciac Pôle Culturel et Touristique des Augustins. Y sí: para apreciar un lugar, hay que estudiarlo, hay que conocerlo.
“En avant la musique” pone la música delante como ese soundtrack que acompaña pedazos de nuestra vida, como una medicina contra el olvido, como una memoria que se escucha y se transforma en imágenes de nuestro álbum personal. Ese es uno de los sentidos. Pero esta vez nuestra colega Catherine Cointe nos recordó el valor de otros sentidos cuando la audición no está del todo presente… incluso cuando el tema es la música. Porque la vida también tiene su viewtrack, conectado a la memoria, y los gestos cuentan también su historia.
La música es como dibujar: las imágenes invitan a la vista a seguir el ritmo y a la mente a marcar el paso. También es un ejercicio de memoria visual. Cuando dibujamos en vivo lo hacemos como en una jam session: es el momento de improvisar, de pensar tan rápido que no pensamos demasiado, de despreocuparnos tan rápido que olvidamos lo preocupados que estábamos. Es un instante entre la persona que tienes enfrente y tú. Allí te das cuenta de la importancia de ese “solfeo” del dibujo que practicamos en nuestro rincón solitario.
“En avant le dessin comme en avant la musique”: porque el dibujo, igual que la música, forma parte de las huellas que dejamos al caminar. Por eso conviene mirar atrás de vez en cuando para recordar lo que hicimos, mirarnos a nosotros mismos un rato —incluidos los pies, solo un poco, para no tropezar o pisar una caca de perro— y luego volver a mirar hacia adelante. Creo que así lo vemos más claro… o al menos lo intentamos.
Gracias por la música a los organizadores; gracias al presidente Michel, a Christophe, a Sylvie y al resto de colaboradores y bénévoles. Gracias a mis colegas. Y gracias a Francia, en general, por poner “En avant la culture”.
🇬🇧 CLAP Marciac 2026 — En avant la musique… and memory*
*** En avant la musique is a French expression meaning “bring the music forward” or “on with the music.”***
Back in Barcelona after my fifth consecutive invitation to the CLAP Marciac Festival of Caricature and Press Drawing, now in its 22nd edition. This year, Romain placed music at the forefront… and in Marciac, it makes perfect sense. Of course it does: it’s one of Europe’s jazz capitals. Yes, that historic 13th‑century bastide from which, on clear days, you can glimpse the Pyrenees— that natural border with the peninsula that has been my home since the summer of 2007.
Who could have imagined that this small Gascon village, centuries after its medieval foundation, would become a musical epicenter thanks to Jean‑Louis Guilhaumon, who in 1978 gave life to the Jazz in Marciac festival. Since then, music hasn’t just filled its squares and granges: it has shaped its identity. This year we even enjoyed a guided visit to a historical exhibition at the Marciac Pôle Culturel et Touristique des Augustins. And yes: to truly appreciate a place, you must study it, you must get to know it.
“En avant la musique” puts music upfront, like the soundtrack that accompanies fragments of our lives— a remedy against forgetting, a memory that is heard and then transformed into images in our personal album. That is one of the senses. But this time our colleague Catherine Cointe reminded us of the value of other senses when hearing is not fully present… even when the subject is music. Because life also has its own viewtrack, connected to memory, and gestures tell their own story too.
Music is like drawing: images invite the eye to follow the rhythm, and the mind to keep the beat. It is also an exercise in visual memory. When we draw live, we do it like a jam session: the moment to improvise, to think so quickly that we stop overthinking, to let go so fast that we forget how worried we were. It is a moment shared between the person in front of you and yourself. That’s when you realize the importance of that “solfège” of drawing we practice in our solitary corner.
“En avant le dessin comme en avant la musique”: because drawing, like music, is part of the footprints we leave as we walk. That’s why it’s good to look back from time to time to remember what we’ve done, to look at ourselves for a moment— including our feet, just enough to avoid tripping or stepping on dog poop— and then look forward again. I think that way things become clearer… or at least we try.
Thanks for the music to the organizers; thanks to Romain Guyot (president of this edition), to Michel, to Christophe, to Sylvie, and to all collaborators and bénévoles. Thanks to my colleagues. And thanks to France, in general, for putting “En avant la culture.”
